La lettre de change relevé reprend la logique de la traite classique en version informatisée. Un fournisseur émet une LCR en précisant le tiré, le montant, la date d'échéance et les références de facture. La banque collecte ces informations dans un fichier, prévient la banque du client et présente la LCR à la date convenue. Si la provision est disponible, le compte du client est débité et celui du fournisseur est crédité. L'intérêt de ce mode de règlement réside dans la date certaine, la traçabilité et la capacité à piloter finement les échéances de trésorerie.
On distingue des LCR acceptées, quand le client a formalisé son accord, et des LCR non acceptées, où l'accord est tacite sous réserve de conformité. On parle souvent de LCR magnétique pour souligner la dématérialisation. Côté banque, deux circuits existent. La remise à l'encaissement où le fournisseur attend d'être crédité à la date d'échéance. L'escompte où la banque avance les fonds avant l'échéance et se rembourse au débit du client à la présentation. Dans ce dernier cas, l'entreprise améliore son besoin en fonds de roulement au prix d'agios et de commissions.
Dans le cadre de Bâle III, le ratio LCR mesure la capacité d'une banque à faire face à un stress de liquidité sur 30 jours. Le principe est simple à retenir. Le numérateur est le stock d'HQLA, des actifs liquides de haute qualité et faiblement risqués. Le dénominateur est constitué des sorties nettes de trésorerie attendues pendant 30 jours selon des hypothèses réglementaires. La formule s'écrit LCR = HQLA / sorties nettes à 30 jours. Le seuil réglementaire cible est de 100 %, ce qui signifie que les actifs liquides couvrent au moins l'intégralité des besoins nets sur le mois de stress.
Les HQLA comprennent différents niveaux avec des pondérations et des décotes. Les actifs de niveau 1 regroupent typiquement la trésorerie et les titres d'État très liquides. Les niveaux 2A et 2B permettent d'inclure certaines obligations d'entreprises ou actions éligibles avec des limites et des décotes plus fortes. Les sorties nettes sont calculées en appliquant des taux de fuite aux dépôts et aux engagements, tout en intégrant des entrées limitées. L'objectif est d'encadrer la gestion de la liquidité et de renforcer la résilience du système bancaire en cas de tension.
| Aspect | Lettre de Change Relevé (paiements) | Liquidity Coverage Ratio (prudentiel) |
|---|---|---|
| Objet | Règlement dématérialisé d'une traite à échéance entre entreprises | Exigence de liquidité à court terme imposée aux banques |
| Acteurs | Fournisseur, client, banques teneurs de compte | Banques, autorités prudentielles |
| Horizon | Date d'échéance fixée à l'avance | Fenêtre de stress de 30 jours |
| Indicateur clé | Acceptation, présentation, encaissement ou rejet | LCR = HQLA / sorties nettes ≥ 100 % |
| Effet pour l'entreprise | Visibilité des encaissements et possibilité d'escompte | Solidité du système bancaire et continuité du crédit |
Exemple paiements. Une société émet des LCR de 30 jours pour 50 000 €. Elle les remet à l'encaissement. À l'échéance, la banque présente les LCR au tiré. Trois sont payées, une est rejetée faute de provision. La société encaisse 40 000 € et traite le rejet en relance ou en nouvel échéancier. Si elle avait opté pour l'escompte, elle aurait reçu les fonds immédiatement minorés d'agios et de commissions, puis la banque aurait supporté le risque de non-paiement selon les termes du contrat.
Exemple prudentiel. Une banque détient 12 milliards d'HQLA éligibles après décotes. Ses sorties nettes de trésorerie en stress sur 30 jours sont évaluées à 10 milliards. Son LCR est de 120 %, supérieur au seuil réglementaire. Si les sorties passaient à 13 milliards sans hausse parallèle des HQLA, le ratio tomberait à environ 92 %, ce qui impliquerait des actions correctrices comme renforcer le stock d'actifs liquides ou réduire les engagements à court terme.
Le terme LCR prête facilement à confusion, car il désigne deux réalités différentes selon le contexte. Dans un échange entre comptables ou trésoriers, on parle généralement de lettres de change relevé et d'échéances fournisseurs. Dans une discussion bancaire ou réglementaire, le LCR renvoie presque toujours au ratio de liquidité. Pour lever l'ambiguïté, il suffit de préciser LCR paiement ou LCR ratio dès la première mention.
Dans un contrat commercial, précisez clairement le mode de règlement LCR acceptée, la date d'échéance et les pénalités. Côté ratio prudentiel, gardez la formule en tête: LCR = HQLA / sorties nettes 30 j avec un seuil de 100 %.
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