Vocabulaire financier — cadre français pour les précisions juridiques et fiscales.
Séparer charges fixes et coûts variables
Les coûts variables évoluent avec l’activité, par exemple certaines marchandises ou consommations. Les charges fixes restent globalement stables sur la période et dans une plage d’activité donnée, comme un loyer déterminé. Cette classification dépend du fonctionnement réel de l’entreprise.
Une charge peut aussi être mixte ou augmenter par palier. Embaucher une équipe supplémentaire pour dépasser une capacité de production modifie la structure de coûts. Le seuil ne doit donc pas être appliqué à des volumes illimités sans réexamen.
La formule en chiffre d’affaires
La marge sur coûts variables est égale au chiffre d’affaires diminué des coûts variables. Son taux correspond à cette marge divisée par le chiffre d’affaires. Le seuil s’obtient ensuite en divisant les charges fixes par ce taux, exprimé sous forme décimale.
Le calcul suppose une marge sur coûts variables positive. Si chaque vente ne couvre même pas ses coûts variables, augmenter les quantités ne suffit pas à absorber les charges fixes dans ce modèle.
Exemple en euros et en unités
Un produit est vendu 50 euros hors taxes et entraîne 30 euros de coût variable unitaire. La marge sur coûts variables est de 20 euros, soit 40 % du prix. Avec 24 000 euros de charges fixes annuelles, le seuil est de 24 000 / 0,40 = 60 000 euros de chiffre d’affaires.
Il faut vendre 1 200 unités pour atteindre ce seuil. À 1 500 unités, la marge totale est de 30 000 euros ; après les charges fixes retenues, le résultat du modèle est de 6 000 euros. Les impôts ou charges absents du modèle ne sont pas inclus dans ce résultat.
Du seuil au point mort
Le seuil s’exprime en euros de chiffre d’affaires, ou parfois en volume. Le point mort indique le moment auquel ce niveau est atteint. Avec un chiffre d’affaires annuel de 120 000 euros réparti uniformément, un seuil de 60 000 euros est atteint à mi-exercice.
Pour une activité saisonnière, cette conversion proportionnelle peut être trompeuse. Il faut cumuler les ventes et la marge selon le calendrier réel ou prévisionnel. Le point mort ne garantit pas que toutes les sommes facturées ont déjà été encaissées.
Un outil de scénario, pas un solde bancaire
Une baisse du prix, une hausse des achats ou une modification du mélange de produits vendus peut réduire le taux de marge et augmenter le seuil. Tester plusieurs hypothèses rend le calcul plus utile qu’un chiffre isolé.
Atteindre le seuil ne supprime pas les besoins de financement : stocks, délais clients, investissements et remboursement du capital des emprunts pèsent aussi sur la trésorerie. Le compte de résultat prévisionnel et le plan de trésorerie complètent donc ce modèle.
Sources et références
- Bpifrance Création — Seuil de rentabilité
- Bpifrance Création — Point mort
- Bpifrance Création — Prévisions financières
Définition et exemples rédigés pour cette fiche. Les exemples chiffrés sont pédagogiques ; ils ne constituent pas un conseil personnalisé.
Questions fréquentes : Seuil de rentabilité
Le seuil de rentabilité est-il une date ?
Il désigne un niveau de ventes. La date ou durée nécessaire pour l’atteindre correspond au point mort.
Faut-il utiliser le taux de marge sur coûts variables ou le taux de marque ?
Le calcul présenté utilise la marge sur coûts variables divisée par le chiffre d’affaires ; il faut vérifier le contenu exact de la formule.
Le seuil reste-t-il fixe quand le prix change ?
Pas nécessairement. Le changement de marge peut modifier le volume ou le chiffre d’affaires nécessaire.
Atteindre le seuil garantit-il une trésorerie positive ?
Non. Les paiements, investissements et besoins de financement suivent leur propre calendrier.
Tester la sensibilité
Recalculer le seuil après une baisse du prix ou une hausse du coût variable pour mesurer la marge de sécurité.





